Clique ici pour aller sur le site de Cowblog
Lundi 16 Juin 2008 à 23:48


Les esprits se troublent et s'étranglent. Des rires dans le noir, autour d'une table jaunie par le temps. Le temps s'écoule sans même s'en rendre compte, et après un instant, la pluie tombe sur leurs visages immobilisés. En arrière-plan, les arbres dansent, et les feuilles tombent. Qu'il est difficile d'avouer ce que l'on est vraiment. Surdouée. Les esprits s'échauffent. Un enfant, dans le noir, une petite fille lève les yeux au ciel pour ensuite les tomber à terre. Jamais à la bonne hauteur, supporter cette différence de l'éternité. Comprendre qu'il ne faut pas dire pour pouvoir être aimé à sa juste valeur. Jardin secret, douleurs cachées, les cases se figent pour devenir qui l'on doit être. Les esprits restent immobiles dans le noir, effarés. La petite fille verse une larme face à ce futur qu'elle contemple. Jeune femme autour d'une table, allongée, sourit. Potiche sous la pluie, fait joli, pas vraiment. Avouer ces choses interdites qu'il ne faudra jamais dire. Mourir enfoncée dans les secrets.


Nue seulement face à cet autre, qui aura fait l'effort de la comprendre, qui aura ouvert son coeur, toutes ses portes. Compris ses douleurs et ses peines à vivre. Ces choses qu'on ne dira jamais, juste à l'autre, l'éternité. Reprendre confiance en l'osmose de corps, d'âmes qui se connaissent vraiment. Jusqu'à l'os, jusqu'à la moëlle, s'aimer autant que je te hais, car toi seul connais ces failles qui me tuent à l'intérieur, ces faillent qui dessèchent mes yeux les beaux soirs de décembre, les noels trop difficiles prise par les douleurs d'une famille déchirée. Nue seulement face à lui. Ouvrir son corps et son âme doucement. S'effeuiller jusqu'au pistil, en saisir la saveur. Retrouver de ces mots qui sont trop durs à dire, car trop longtemps gardés dans mes tripes, là où personne n'irait chercher. Surdouée. Garder au fond cet aspect indélébile que les autres ne comprendraient pas, ne croiraient pas assez.


Parce que ses regards bleus me tuent, dans la lueur du jour, et le noir profond de la nuit. Sentir cette saveur, sur le bout de la langue qui me dit sans doute, perds ces pétales futiles, que tout le monde croit aimer, que tous croient connaitre.



Tort, ces torts que l'on tait, ces tares. Surdouée. Comment perdre tout, perdre ces atouts, dans le noir autour d'une table. Sourire seulement, parce qu'il n'est pas là. Perdre ces regards qui me rendent si forte.

 
Lundi 16 Juin 2008 à 00:15

 
Dimanche 15 Juin 2008 à 23:54


Les journées s'allongent, et la tension de l'attente me prend aux tripes. La colère d'une matinée bouleversée, renversée sous leurs mots inutiles, jeux futiles d'adulescents perdus, pris par les griffes d'enfants trop sages et bien trop beaux, mais bien trop mourrants. Les paroles se jettent dans l'air, et les larmes coulent. Dans mon ventre l'ouragan d'un jour meilleur, un espoir qui se tend sur le fil. Tout se mélange à l'intérieur. L'estomac se tord et brûle. Tenter le souffle chaud contre leurs visages tendus, contre les rideaux qui s'émeuvent de tant de douleurs. Tentures orangées, couleurs chaudes pour une matinée trop froide. Le sang coule contre nos corps, famille à la recherche d'un lendemain qui vaille le coup de se réveiller. Comme un goût de haine sur tes lèvres, et dans mon assiette empoisonnée. Tenter de mourir en silence pour palier aux défauts de l'humanité. Famille fissurée. Migraines affreuses, sur les tempes, mes doigts glacés-brûlants, se taire et laisser parler un univers malade des douceurs des enfants aux crânes rasés, des enfants emprisonnés sous des fauteuils de mousse moulés, des enfants drogués aux calmants surpuissants. Univers malade de douleurs impardonnables. L'enfant sourit en écoutant la chanson dépassée. Un air de souvenirs, de temps heureux. L'enfant sourit mais ne peut pas parler, pas bouger. Et l'univers regarde encore, et mettra ça sous le compte du prix à payer.


Familles déchirées. Prisons pourries aux murs d'acier. Une vie en noir et noir.

 
Dimanche 15 Juin 2008 à 01:02

Une douleur se répand entre l'artiste et le plancher. Doucement elle s'étend, et douloureusement sort de sa bouche. Mon corps se creuse. Les épaules s'enfoncent doucement sous la peau, et la silhouette s'affine. Sans bruit aucun. Les flashs crépitent autour, et lorsqu'elle se relève, tout devient trouble. Bordel d'idées non reliées. Le goût de l'inachevé. Tout est fini aujourd'hui.



La femme a le coeur qui se balance à l'intérieur. Dangereusement, douloureusement. Le son s'étend dans la boite. Recroquevillée sur l'intérieur de ce corps mouillé. Elle a le coeur brouillé, embrouillée, elle s'est retrouvée là, dans cette pièce sans porte, dans ce monde sans espoir, sans sortie de secours. La réalité s'est imposée à ses yeux, goût amer sur la langue. Brûlée. La jolie fille s'est jetée dans l'eau bouillante, et sa peau s'est décollée doucement, peau douce et salée, goût de fraise, goût de doré. La douceur de la beauté. Peau de pêche, mais visage édulcoré, alors que son sourire se fâne derrière la cruauté. D'un homme, d'une femme qui l'aura mise à terre. L'eau comme drogue, comme alternative à la réalité. Plongée, brûlée, ne plus penser qu'à cette douleur immorale, inhumaine, et oublier. Oublier que la femme pleure, oublier tout ce qui ne se voit pas. Oublier les douleurs intérieures, douceurs et souvenirs enfantins. Oublier cette homme tombé sous ses pieds, dans ses bras, cet homme-là. Cet amour doré. Oublier le glamour de la robe qui tombait dans son dos, si bas, si bas qu'il y mettait les doigts. Oublier la chaleur de sa main sur son corps, et le regard qu'elle ne comprenait pas. Sa peau se décolle, la dame mue. Lady au coeur d'acier, attend sous la pluie. Peau de serpent se glisse sous le parquet. Le bois craque sous le poids de l'eau, sous le poids du chagrin et des larmes. Elle tient l'arme dans sa main. S'est demandée longuement comment finir, comment tuer le temps et les envies, tuer ce corps que tant lui envient, comment bousiller ces cheveux trop longs, trop lisses, trop dorés, ces yeux trop clairs, ces courbes trop douces. Le poids de ses seins sur son dos musclé. Oublier le bronzage de son corps. Oublier la beauté puisqu'il n'était plus là pour la contempler. Oublier qu'elle était la déesse de ses rêves, puisqu'aujourd'hui demain s'est perdu, au détour d'un chemin boisé, sous un peuplier.


Et courir, courir jusqu'à en perdre haleine, pleurer jusqu'à se bousiller les veines, pleurer jusqu'à se faire bouillir le sang, tomber de fatigue, de douleur. Le ventre se tord, et le corps se creuse. Il n'est plus là. Elle est en vie. Mais quelle vie. Courir, courir jusqu'à en perdre haleine. Jusqu'à oublier tout, jusqu'à ce que tout se trouble et devienne flou autour. Si beau. Tout n'est plus que couleurs approximatives, le vert et le bleu se troublent. Redécouvrir le monde comme le chaos. Un trou noir sous les pupilles et s'y enfoncer brutalement. Toucher le fond. Sur le sol, dans l'eau bouillante, tout se mélange. Epurer tous les sentiments mauvais dans l'abysse de ses douleurs. Une catharsis silencieuse qui s'opère sur la modèle, déesse grecque aux cent malheurs.


Un son à ses oreilles, mélodie full of soul. Tout s'éclaire, alors que le chanteur pleure, doucement il éclaire ses pensées, et elle se soulève un peu, une nouvelle lueur dans ses yeux, pouvoir de l'art. Ses paroles atteignent le coeur fêlé, fendu, pour le recoller, étincelle rythmée. Et sous l'eau, le son se répand, et atteint son coeur mille fois, et doucement la soulève, plus haut, sous la pluie battante, le son dans chaque goutte qui touche sa peau, qui recolle doucement la mue douloureuse. Comme un symbole, comme une déesse, une légende. Le pouvoir de l'éternité. Ressuciter. Après la fin de l'autre, repenser à son corps, repenser à son coeur. Le zéro l'effraie, et alors que le noir l'aveugle autour d'elle, le vide se tait.

 
Mercredi 11 Juin 2008 à 00:10

 


And throw my eyes on him. Throw my words on his body, so that he would be able to envelop it with them, slowly and painfully. Protect him, and his fair skin, his clear eyes. Protect his body from the bad ones. From being hurt by a life unfairly crual. Get my body all over his and prevent him from talking. Trying with more sweetness, with these round words, no shock on the tongue and the palate. The tip of my tongue only stroking my mouth. Inside, it is growing, like a tumor: the will to love him. And time flies in front of my eyes. And I cannot do anything. I sat down, on the floor, and I watched time flying, powerless. Getting flowed by water, and I lied down, and drown slowly and painfully. Just not to leave him. Not so far away, not so long. Come to my body, little boy, and hug me so tight I cannot breathe. And I will silently stop to breathe, and my heart will silently slow, and stop. And I will be so sweet in your arms, on the floor. Pick me up, little boy. Because the water on the floor comes from me, my eyes, and all my body, giving away excessive fluids, just losing weight to be smaller, thinner in your arms. Just not to hurt you. And try to silently die. Inside. Outside. A smile. My lips run up to my ears as I see you. Last time, I guess. What a shame, little boy. It was so far away, such a long time. Babe. Get all over me. I will throw these words on you, and I will cry, because they hurt. It hurts to be in love. And I just want you to cry on me. Lying down on the floor. Lying down. Lying.