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Dimanche 24 Février 2008 à 00:24


Bubblestat 


C'est un traumatisme indélébile qui, ce soir, me rend insomniaque. Si mes yeux se ferment un peu, des images horribles reviennent à grands pas, comme des flashs trop douloureux, je me plie sous les convulsions de la réalité. Des mots qui s'impriment, triste tatouage sur ma peau, dans mes muscles et mes tripes. Comme si les mots se coupaient dans mon esprit, pour y apparaître moins imposants, bien moins effrayants. La preuve d'une haine sans limites, et d'une future violence. La preuve que tout cela n'est jamais fini. Qu'un coeur a la capacité de se recoudre, encore et toujours. De longues journées de février, et mon corps m'appelle au secours. Quelques brûlures, des éraillures sur mes cordes vocales.


Certaines illusions rose bonbon me tiennent encore en vie. Se concentrer sur ce qui va. Sur un corps en perdition. Ce soir, je suis une princesse. Souillée, salie, brûlée. Princesse aux doigts très fins, aux cheveux roux, aux belles robes. Au sourire charmant. Princesse au coeur écartelé. Paranoîaque, mes inventions me rapprochent un peu plus aujourd'hui du noir sans fond.


Et je ne puis me résigner.

 
Vendredi 22 Février 2008 à 22:25


Soulagée parce que ce soir il y en a d'autres qui sourient, et qui pleurent de joie. Médiatisée cette émotion, cet art, cette beauté. Comme un soupçon de scandale sous ses jolies lèvres roses, au-delà du son doux, petite berceuse, de sa voix. C'est sa voix qui me porte encore, depuis le début, les toutes premières fois. Une admiration sans bornes pour la couleur de ses paroles, pour l'émotion qu'elle y met, ces mots que je connaissais par coeur, et qui me collaient au corps tous les jours, tout comme ces femmes qui souffraient toutes un peu au moins. Et là, c'est la révélation, et mes yeux s'en retrouvent brillants, devant ce bout de femme à la peau parfaite, et aux beaux yeux clairs. Une jolie chose. Et ce soir donc, je suis presque heureuse. Un éclair de fantasme loin de cette réalité qui me retourne, qui me tremble, me vomit et me tue. Ce soir, c'est une princesse que je voudrais être, et c'est à travers elle en partie, que j'essaie d'oublier, et de le vivre aussi. Comme un espoir que ce n'est que le début.

 
Vendredi 22 Février 2008 à 14:50

 



Des blessures d'une mère, des blessures d'un père.




Est ce que l'amour peut vraiment survivre aux violences, aux douleurs d'une vie? Peut-il bien que véritable, bien que profond ne pas s'écailler au fil des années, ne pas se transformer en une haine aussi profonde que l'était l'amour au début? Peut-on éviter ces coups, ces coups d'amour qui nous plongent à terre, qui nous retournent au dedans, nous les enfants, eux les parents. Puisse la violence être témoignage d'un amour si parfait qu'on ne peut s'en défaire, qu'on ne peut se résoudre à l'idée que tout n'est pas si... parfait. Puisse le départ de l'un exprimer la détresse de l'autre, aussi bien que sa propre détresse. Puissent les tourtereaux déplumés comprendre pourquoi. Puissent les enfants s'écarter de tout cela. Quand les parents pourront admettre que des enfants ont l'esprit encore trop léger, pour se faire écraser bien à terre, petites crèpes aux yeux effarés, devant la folie d'un amour décapé. Et les parents, blasés de toute cette violence, s'asseoient à terre, des animaux écorchés. Une impression de douleur si intense qu'il est impossible de ne pas la partager. Avec ceux que l'on aime, malheureusement. Mieux vaut violence que s'en aller. Manque de raison. Absurde, mais le pouvoir des souffrances se montre alors. La peau est distendue, poids de ces souffrances, quelques kilos sur la balance. Des écorchures, quelques hématomes, et on fait comme si, la vie continue après tout. Et pourtant à l'intérieur, dans mes tripes d'enfant, c'est une boule de nerfs, énorme qui s'accroche aux parois, et me déchire le coeur, chaque battement, comme deux parties de soi, les deux moitiés, qui se séparent. Mes jambes flageolent, je tremble, de part en part, de haut en bas. La folie. La violence. Pourrais-je être la cible de tout cela, dans 20 ans, usée et fatiguée? Est ce que mes poings se serreraient contre celui à qui j'aurais dit oui, vingt ans en arrière, pourrais-je oublier que je serais morte pour lui, et que c'est bien assez pour l'aimer toute une vie. Pourrais-je moi aussi rester terrorisée en entendant certains bruits, douloureux. Le grondement d'un enfin motorisé, des pas sur un escalier, une grille qui tremble, et une porte qui claque. Le bruit de la peur. Chaque jour, encore et encore. Quelle solution? Quels problèmes? Comment se résoudre à la violence de parents fatigués? Des cheveux effarouchés par une main qui tremble, qui se crispe, une lèvre violacée, des doigts ensanglantés. Comment savoir si l'on s'aime toujours? Lorsque l'on est capable de faire cela. Si l'on pourra s'en remettre un jour, redevenir tout à fait normal. Et comment savoir si nous, enfants, serons un jour capables d'aimer normalement, d'aimer sans violence, d'aimer sans peur, sans soumission? Comment déterminer les conséquences sur des coeurs déchirés? Comment savoir si mon dos s'en remettra? Si mes épaules se relèveront un jour. Si je pourrais m'arrêter de trembler lorsqu'un poing se lèvera, même pour rien? Si les blessures de ce père et de cette mère se refermeront un jour? Serais-je capable d'aimer sans concession, sans -même un peu- me protéger.


Comment se reflètent les blessures de parents sur des enfants tout aussi blessés.

 
Lundi 18 Février 2008 à 13:34


Mamie, que dirais-tu toi de là-haut sur tes poupons ensanglantés, camisolés qui se battent tous les jours contre la mort, contre les douleurs qui t'ont terrassée toute ta courte vie, petits poupons nacrés, dessinés à la craie. Mamie aujourd'hui c'est ton anniversaire, et le ciel est bleu, sans nuages, le soleil brille bien fort sur ce mois de février. Pourtant, je sens que là-haut c'est une larme que tu dois verser. Toi qui t'es battue, comme si cette souffrance se réincarnait en eux, désormais, dans la chair de ta chair, sur leurs visages ronds et leurs petits corps de dessins animés. C'est une enfance, deux enfances parties en fumée aujourd'hui, alors que ces poupons se défoncent au Valium, Cortisone, sur des fauteuils moulés, handicapés. Tant de mots barbares, crimes contre l'humanité que des poupons ne devraient pas connaître, que ceux-là n'auraient pas dû, sentir chaque jour dans leur corps, ces connections coupées, ces vies fracturées, et comment réparer Mamie aujourd'hui les dégâts que la Nature, ou qu'une entité dégueulasse a fait. Alors aujourd'hui c'est ton anniversaire mais je verse une larme avec toi Mamie.

 
Lundi 18 Février 2008 à 01:09


 Hanche. Ce mot est lourd, comme une ancre, une enclume, comme un poids sur lequel on peut s'appuyer. En anglais « hip », comme un hoquet, tendre et amusant. Sur mes hanches, comme le poids d'une langue trop dure et complexe, trop obsolète face aux silhouettes. Et s'y accrochent tout un tas d'inconnus, tout un tas de mâles aux regards dérangeants, mais pas un poil dérangés, aux langues pendantes face à ces hanches si appuyées. La peau y est douce, et a une odeur fruitée, peut-être de la vanille. Aiguilles. Ces ongles qui me transpercent, écorchures, blessures à vif d'un passé amoureux. Un autre qui s'accrochait là; pour que je ne m'en aille pas. Et il ne m'a pas eu. Mes doigts l'ont attrapé, accroché à une autre, ouvert ses yeux, et je m'en suis allée. Les hommes comme ça ne remarquent pas vraiment la différence, des hanches, chez moi ou chez une autre, du pareil au même, la même douceur de peau, la même fragilité. Une femme et la finesse de ses traits. Ils passent leurs mains du haut de mon buste jusqu'à mes hanches, sur les côtés, définissent mes contours comme pour mieux me connaître, apprendre à m'approprier. Je leur appartiens, puisqu'ils s'accrochent à mes hanches, me scrutent, reconnaissent mes grains de beauté et ce parfum de vanille de bourbon. Reconstruction. Ils se servent de moi comme d'un remède, se guérissent d'une mère tyrannique, ou d'une ancienne amoureuse qui leur aura brisé le coeur, qui, en d'autres mots, leur aura lâché la main, quand ils s'appuyaient sur leur corps. Je suis comme un dernier secours, la pompier de l'amour, tout ça à cause de la vanille de bourbon, cela attire, ils désirent. C'est cet endroit aussi, si près de ce mont, si près de ce gouffre, si près de la jonction. Ils s'en approchent, se préparent, s'y entrainent.C'est la douleur de ce sexe, de cette envie irrépressible de s'approcher, d'atteindre l'endroit interdit, cette excitation constante. Le mâle a peur. De ne pas être capable. La femelle attend, toute prête à le rassurer.