C'est d'une étourdissante beauté. Elle est d'une étourdissante beauté, et la musique en fond, cette passion à bras le corps, deux histoires parallèles, de la colère dans ses yeux, qui devient passion dans des autres. Cette fumée, autour, ce flou des limites entre la pensée et la réalité. Les mots qui s'impriment, sur une page filée, écru, presque dorée. Des lettres grossières sculptées sur le papier. Les mots sonnent plus que justes, une certaine douceur, une sure clarté, la fluidité de leurs mots alors que leurs pensées, et leurs sens tout entiers sont bouleversés. Une boucle, juste au dessus de l'oreille, un éclat de romantisme, sur ces cheveux trop ternes et trop foncés. La paleur de sa peau l'illumine toute entière, frêle et splendide à la fois. Une robe trop grande pour ce corps bien trop mince, et des cheveux grossièrement coupés. Angoissante, voilà. Le mot est poignant, tant que la noirceur de ses yeux, que ces chaussures trop blanches, que cette passion qui court encore. Et l'on passe sans prélude au rose de sa peau, ces tâches de rousseur, et ces cheveux si bouclés, ce feu. Et ces larmes dans ses yeux. Filer au gré des mots les images qui passent, les lettres tapées à la machine, et les sentiments entre les lignes. L'omniscient. Tout est bleu autour. Puis tout devient sombre. Des images, des mémoires, une lueur, et un collier d'ivoire qui pend, lourd, à son cou de jeune fille. Son nez retroussé, c'est l'innocence perdue, la fraîcheur d'un moment, évanouie sous le poids de la chaleur d'un été, caniculaire, spectaculaire. Une torture, cette lueur, cet éclat désormais, celle de deux corps enlacés, accrochés, attachés. Une robe de soie qui file ses pas, qui impose sa douceur, qui voudrait... La passion l'emporte contre cette tenture. Une larme, ses yeux rouges. Ses os s'entrechoquent contre les livres alors que le poids de ses lèvres se fait ressentir. Ses yeux brillent encore, braqués vers l'inconnu, alors que ses jambes se retrouvent autour d'autres, sans bien savoir, une illusion, mais cette sueur sur son front. Trois mots. Et là se trouve l'éternité. Dans ses mains qui l'empoignent, ce jeune homme qui l'aime. Effrontée. Une goutte de sang, entre ses lèvres, comme la preuve d'un amour interdit, d'un mensonge qu'il faudrait garder. Précieuse. Des lueurs à nouveau, en décousu, un aperçu, d'un monde incertain aux longues robes et aux effrayantes histoires. Tisser la toile de ses angoisses jusqu'à ne plus pouvoir respirer, sur une musique assourdissante. Un autre qui se retire en silence sous les larmes d'une autre. Une princesse. Vaporeuse, la soirée, sa fumée, cette langueur, cette douleur. D'être comme violée. Egorgée au plus profond, et les lettres encore gravées sur ce papier. Ecru. Cette douleur crue au bas des reins. Son dos. Cette géométrie, comme une chorégraphie, un ballet, dans cette soirée noirâtre, cette soirée trop chaude, et des larmes encore, comme une injustice qui plâne, alors que cette musique revient. Encore, c'est sans fin, sans repos, sans interdit. C'est sans amour vraiment qu'ils s'aiment, c'est une passion entre leurs deux corps plutôt, alors qu'elle se retrouve seule, le dos nu sur le pavé. Dans sa longue robe. Vaporeuse, soyeuse. Elle ne l'est plus. Dans ses yeux quelques larmes. D'une étourdissante beauté. Un soupir, un sommeil, comme un lavage de cerveau, comme un renouveau. Ses mots craquent contre le plancher de la guerre, durs et acides alors que leurs quatre lèvres se sont quittées. Si longtemps, trop longtemps. Ses yeux ont trop rougi depuis. Ce cou magnifique, l'érotisme de ses formes. Il en pose son courage sur la table. Le silence des paroles bien trop vraies pour être prononcées clairement. De quoi s'aimer pour toute une vie. Et pleurer pour toute une vie. Son sang coule. Il part un peu avec elle, à quoi bon... D'une beauté étourdissante, les paysages ternes de guerre. Reviens-moi.