Elle essuie une larme. Près d'une ruelle, allongée sur le bitume, elle a pleuré. La solitude. Ca la tue, c'est poignant, c'est tranchant, un joli coup sur les reins et ça la crève au plus profond, là où ça ne se guérit pas. Il n'est pas là. Loins d'ici, ses beaux yeux, et les jolis mots. Aujourd'hui, ce sont ses boyaux qui saignent, qui sortent, qui prennent le soleil, brûlante, elle s'y perd, elle s'y meurt au fond, à petit feu, c'est la passion. Elle le voit partout, si bien qu'elle voudrait que la boule tout là-haut lui brûle les yeux, et quand bien même, dans le noir, dans le vide, elle le verrait. Sa peau s'effrite sous le bout de ses ongles, et certains garçons autour s'inquiètent un peu. Si jolie, douce folie, les regards elle s'en fout après tout. Elle aime bien qu'on la dévisage, plaire, sachant qu'elle lui appartient. C'est comme se dérober à la réalité quelques instants, prendre le contrôle d'un univers incertain, se laisser faire, se laisser porter.


Comme une double vie de cœur. L'as d'un côté, et tous les autres qui tournent autour. Sur le bitume, les idées s'entremêlent. Et soudain, un souffle autour, c'est tiède, c'est étrange dans toute cette lourdeur, cette chaleur. Une ombre sur ses paupières douloureuses. Et ce parfum…


Pas une hésitation. C'est un baiser sans même ouvrir les yeux, leurs corps se connaissent par cœur, et leurs cœurs… As -deux cœurs-.