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Lundi 4 Juin 2007 à 00:53


J'suis désolée de m'incruster, mais mon coeur n'est pas encore tout à fait réparé. Quelques jets de sang de temps en temps, il m'a dit que ça allait passer. A croire qu'il n'avait rien compris. Ca ne passe pas ces choses-là, ce sont des épisodes, de temps à autre, on le poignarde un peu, juste en surface, juste assez pour que ça saigne, pour que ça laisse des traces. Quelques hématomes, sur les seins, sur les reins, pas grand chose en somme, en apparence. Coeur lacéré de part en part, mais faudrait m'ouvrir pour le voir, alors ça cicatrise doucement à l'intérieur, c'est un coeur, c'est son boulot. Moi je ne m'occupe que du corps, je dissimule. De la poudre, de la crème, des gélules, ça fait peur aux hématomes, ils s'en vont vite fait. C'est important d'être belle, pour se faire attraper le coeur. Encore une fois. J'en ai pas peur, et je me dis qu'un jour quelqu'un le gardera dans ses mains, sans le poignarder sans faire exprès, sans faire semblant. Mais c'est sans doute mon coeur d'adolescente qui parle. Ou pas.

 
Dimanche 3 Juin 2007 à 01:42


J'ai l'artistéite (maladie chronique qui se déclenche par une fêlure, qui traverse le coeur et qui me réduit en bouillie), j'ai les poumons qui crèvent, ma gorge se referme, mes yeux se brouillent, c'est terminé. Les mots me flanquent au sol, et l'absence de mots d'autant plus, comment dire quand tout va mal, si les mots vous bouffent les doigts, si la douleur vous saute au visage, elle m'arrache les boyaux, les tripes bien en dedans, elle s'immisce. Et j'ai mal si tu savais. J'ai le coeur qui flanche, il bat un peu trop vite, j'ai un peu trop chaud, ma tête tombe en arrière. Diagnostic différentiel : artistéite aîgue. L'amour en un seul mot. L'amour de tout tu vois, et la haine de moi. J'ai la confiance qui s'casse, quand j'me trouve moche comme ça. J'suis moche à l'intérieur aussi, c'est ce que j'appelle le trouble de culpabilité, syndrôme numéro un. Je suis différente.
Comment dire que ça ne va pas? Comment laisser couler le sang, j'ai pas de mode d'emploi, c'est mon coeur tout entier qui me sort par les yeux et tombe sur mes seins, comme allégés d'un poids, tout est superficiel, enfin. Mes hanches me murmurent c'est aussi bien comme ça, mais les larmes ne s'arrêtent pas. C'est l'Amour, c'est comme ça.


Mais ces mots, mais ses mots. Je ne peux pas, je ne veux pas que ça le touche à lui aussi, il  ne doit pas se faire souiller par la tendance, bien au-dessus de tout ça, je n'voudrais pas le perdre, ça serait trop compliqué, j'ai déjà les yeux qui saignent, et le coeur barbouillé. La décadence... Et oui, je suis nue, peu importe au sens propre ou figuré, tu le vois bien mon corps. Il est fatigué. Et c'est pas de la poésie, ce que tu me dis. Et mes joues sont mouillées, on s'en fout à la fin d'être nus ou bien pas, mon corps tu le connais, c'est bien toi qui l'a façonné de tes mains. Et tes mains sont râpeuses aujourd'hui, c'est étrange, mon ange, mais c'est comme si... comme si une de tes ailes était partie. C'est bien étrange, mais je crois que tu étais là-haut, tu volais, et moi j'étais cette Aile, ou bien cette Elle, et puis je suis tombée.