
Je crois que je deviens une femme.Une femme pleure n'est ce pas? Elle comprend bien les douleurs tout autour et se tait, enfermée dans la douleur, elle se tait. Un chat, douce et silencieuse, elle se faufile contre un autre corps, se cache et se colle, se frotte et murmure, ronronne des mots d'amour, chevelure mouillée, souillée de larmes. Elle reboutonne sa robe, et esquisse un sourire, et à l'intérieur, tout se bouscule. La douleur, la douceur, la chaleur, un chasseur. Un chasseur de coeur. Et ses jambes nues et griffées, quand ses doigts se perdent et nerveuse, elle ne se rend plus compte. Elle griffe son coeur pour ne pas se rendre compte qu'on le lui griffe. Elle s'épanouit. Elle boit chaque matin le bol de l'espoir, cette touche d'énergie qu'elle ne saurait pas trouver, et prend ses cachets pour s'empêcher, pour être celle qu'elle ne saurait être seule. Chaque matin, il se faufile un instant derrière son oreille à son tour et lui glisse une parole. C'est encore mieux que son bol d'espoir, mais les douleurs parfois sont indigestes. Le lait les fait passer, pense-t-elle. Ses yeux sont alors brillants, une étoile, lui dit-il souvent, et toujours, dans ces moments, elle se sent comme unique, exceptionnelle. C'est comme une aile qui lui transperce le dos, ça lui fait des chatouilles, c'est léger. Les larmes reviennent vite, lorsque l'on baisse sa gardes, lorsque l'on laisse tomber les armes. Ses petits poings sont tout usés de se serrer, de l'empêcher de glisser du mauvais côté. Elle ne sait plus manger, ne comprend plus, il se contredit dans ses mauvaises paroles, cette dictature pour la nourriture. Alors elle ne mange plus beaucoup, et son petit corps tout fin fait penser d'elle qu'elle est une fée. Qu'elle est fragile aussi, à chaque pas, elle s'envole un peu plus haut, et un jour, sans doute elle touchera le ciel, s'accrochera à un nuage, et ne redescendra plus. Ce jour-là c'est le bol de l'espoir qui l'y aura aidée.






