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Samedi 25 Novembre 2006 à 23:17



La femme -petit bout de- se trouve ici, et semble s'y être rendue un peu par hasard, posée sur un coin de chaise, les yeux bleus, durs et froids, perdus dans le néant. Perdus dans le blanc du chaos qui l'entoure, perdus dans cette masse. Elle fait tâche. Une tâche colorée, une perle dans la nuée. Ses boucles coulent et se perdent, cachent ses yeux, ces longues mèches dorées filent et défilent le cours des pensées. Tous autour se retrouvent ainsi pendus à ses lèvres. Tous autour ainsi attendent le bout de ses mots, la fin de ses phrases enfin. Elle respire la volupté, et la rondeur de ses mots aspire la finesse de ses traits, ses mots boivent l'ambiance vidée de la salle autour, les autres visages mornes, figés. Une journée de septembre, morne. Et la somptuosité de ses lèvres douces, roses, charnues, ces grains de beauté qui la dévorent, qui savourent ses joues rosées par l'air frais de cette matinée. Petit bout de est tellement . . . elle. Sous le bout de son nez elle réfugie mille secrets, elle ne dévoile rien, Petit bout de. Elle a placé, entre elle et le monde entier, cette barrière imaginaire qui les empêche de l'approcher, d'oser poser leurs doigts sur la peau douce de sa nuque, prétendre au goût d'un de ses baisers. Peur de la blesser par un toucher, une caresse, une main impure, peur de la détruire un peu, de ne plus entrevoir encore cette couleur, cette chaleur sucrée qu'elle dégage. Alors on l'admire seulement. Jusqu'à son nom qui sonne léger de sa bouche, qui sonne étranger. Elle le décompose un peu, comme un ange, elle les toise un peu, mais pourtant c'est évident. Il suffit de … Il suffit de m'aimer pour comprendre un peu, pour tenter de me parler. Et vous n'êtes que… fascinés. Vous m'idolâtrez, je vois bien vos grands yeux ébahis, bleus, verts ou marrons, vous ne savez vraiment pas quoi faire. Et je reste seule ici, dans ma si belle somptuosité, dans ma seule solitude.


Vous ne me voyez pas en fait.

 
Samedi 4 Novembre 2006 à 22:05


Je ne voudrais pas à soixante ans, me retrouver prostrée devant la tombe de mes parents, consternée, en pleurs, à prêcher leurs mêmes discours, les mêmes doctrines, me dire qu'ils m'ont si joliment baisée, si joliment trahie défigurée, presque tuée. Me dire que tout cela me manque alors qu'ils m'ont rendue si pâle si blasée. J'voudrais pas cracher sur leur tombe , je ne veux pas me sentir haineuse je veux juste que l'on m'écoute parler. Que l'on m'entende même me suffirait.


Petite perle. Assoiffée. Dans la lueur d'une goutte de rosée. Petite perle est assoiffée. Alors elle se penche, et jette un coup d'oeil à la rose rosée. Et celle ci sa maitresse, peut-être même sa mère, lui crache au visage, de tout son corps lui balance sa haine( son amour ? ) et puis se tait, fait comme si de rien était. Petite perle est assoiffée et se tait elle aussi. Petite. Perle. Voudrait. S'envoler. Petite perle se sent enfermée. Cage dorée, cage rouillée, cage trop solide et trop fermée.
Qu'est ce que c'est beau comme on se hait .


Comme l'adolescence est injuste, injustifiée. Ce passage, encore, une ado qui se plaint, une ado qui radote les idées de ses compatriotes. Si on les radote, c'est qu'elles sont peut-être vraies.
Reprenons.
Ce passage , ce vide entre le tout et le tout. Et au milieu qu'y a t il ? Une fleur à moitié déflorée? Un demi pétale, une moitié de vie? ou deux vies rassemblées? Etre partout et tout à la fois, l'adulte et l'enfant, l'adulescent, l'enfant adulte. Je me suis perdue. Perdue mon corps, bien au dessus de tout cela. Je suis tout à la fois .
Mais tout sauf moi .

 
Samedi 4 Novembre 2006 à 21:09


Le père a cette absence qui réconforte, ce chuchotement dans l'oreille qui m'ordonne sans cesse, qui m'entraîne, complainte encore. Tais-toi et le voilà qui revient memories, images floues mais trop présentes his hands through my neck, and everything is broken, broken inside, tout s'enchaine, tout m'entraîne vers la complainte absurde little weak body-BROKEN. And then, the angel falls, darker and darker in this room, les images, memories encore et toujours ces mots. Et là le Vide. On se tait on ne dit mot.

Qui ne dit mot consent.

Et je me tais et fais ma révolution insurrection intérieure so as to be heard so as to be strong enough to survive.

Puisque c'est la seule solution.

Puiser l'énergie in this little weak body, se fabriquer un monde à travers les memories sweet memories. J'oublie TOUT. Me you him her us you them et c'est tout. Flee. Failed.
Controverse. la petite veut se barrer et au fond de ses yeux une étrange lueur. Nouvelle.

Ce que l'on ne connait point est à abattre.

Vidons alors dans un sourire dans la folie cet oeil qui ne saurait voir. Hide.
Faire comme si. Et laisser courir le temps et ce n'est qu'un kyste, une grosseur qui s'étend, ce Chose que l'on n'ose pas dire. On ne parle pas avec ces mots-là, on se pense trop respectable, on se veut trop respecté. L'histoire étrange du mal-à-dire, de la mal-à-dit-maladie. Cette étreinte, je m'étouffe, c'est la réalité qui me serre doucement contre elle, elle voudrait me faire tousser ces douleurs.

Trop pudique.

All these pains, locked behind, locked inside
the keys: I've lost it , the door: I don't know.



я тебя люблю


La solution, peut-être, ces quelques lettres étranges, la clé d'un nouveau lendemain. Une porte qui s'ouvre vers un better tomorrow, more colourful, cheerful. Inside my smile, my laughs.
Protection. My treasures, my pleasures.


я тебя люблю

Pure invention? Laisser-aller de mon imagination?
Peut-être pas, ces mots, ces lettres, trop répétées?
Insensées?

я тебя люблю

Ma clé.