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Dimanche 29 Janvier 2006 à 18:33


[J'ai presque rattrapé mon retard . Les mots s'enfilent , sur les colliers de mon émotion , défilent devant mes pupilles sans même que j'en perde le fil . Le fil de mes pensées se glisse autour de moi , m'entoure ; je suis immolée dans le liquide absurde de la vérité , je ne peux plus m'en dégager , prise au piège de mes mots , de l'abondance , du trop qui tue . Trouver un juste milieu à travers le trop et le trop peu , je navigue de l'un à l'autre , je m'envole .]

 
Dimanche 29 Janvier 2006 à 18:01


Sous le vide je m'enterre , je m'enlise entre les atomes qui s'enlacent , et la mélancolie me prend au coeur , les atomes se jettent sur moi , m'attrapent et m'attaquent , je veux fuir . L'automne revient à la charge , revient au galop , la douce nostalgie , les feuilles mortes , avec quelque chose en moins . Plus d'indifférence désormais . Les mots s'écrivent , chargés de sentiments , de sensations , les heures , les semaines passent trop vite entre ses bras , entre ses mots , je me perds . Il manque à ma vie et je frise la folie . Ils manquent tous à ma vie , trop près , je me sens trop loin . Si près , le paradoxe est mortel , le fluide s'écoule en moi , libérant le trop plein à l'intérieur , le fluide me vide , je ne suis que manque et désert . Sans l'Autre , mes moitiés , mes complémentaires , je suis désert . Lui , Elles , l'Autre , celui qui comble le manque , qui fait oublier le reste . Le manque pire que tout , la solitude face à l'adversité , comment survivre . A plusieurs , on s'en sort , seul on se perd . Il suffit simplement de savoir retrouver son chemin dans le noir , fermer les yeux quelques secondes , et je le vois , et tout est plus clair désormais , je ne me perds plus qu'entre tes bras , entre tes pas , entre tes doigts .
Il faut aussi savoir garder pour soi ce qui est trop personnel pour être posé ici . Savoir faire la part des choses , savoir faire le tri . Ce qui est bon , ce qui doit être mis à l'écart , reposé , autre part , dans un coin de mon esprit , pas ici .

 
Dimanche 29 Janvier 2006 à 11:29


Jolie petite fille au regard vide et fatigué , petit pull en cachemire sur des bras trop fins , des mains trop usées , un verre trop lourd , pèse sur les petits doigts de la jolie dame . Le regard vide , fatigué . Elle s'interroge , de quoi sera fait demain , serais-je toujours jolie , m'aimera-t-on autant ? Saura-t-on enfin lire entre les lignes ce que je n'ai voulu que chuchoter ? Saura-t-on voir mon regard vide et fatigué ? Est ce que les gens me regardent vraiment ? Les Autres ne voient en moi que cette stupide beauté que l'on étale dans les magazines , que je ne peux plus supporter . Je voudrais être banale demain , je voudrais que les gens remarquent enfin quand un petit chose change chez moi , humains stupidement surpris par cette toute aussi stupide beauté , extraordinaire parait-il , qui empêche de voir cette goutte qui coule sur ma joue , mes mains tremblantes , mon corps ivre de douleur . Pour être belle , il faut être celle qui se fout de tout , des Autres , de ne pas être écoutée , il faut juste être le corps , la beauté , la potiche , la futilité , qui se tient debout sur des talons aiguilles , que l'on habille , déshabille , sous le regard vicieux de tous ces photographes qui ne daignent poser un regard que sur ma nudité . Rentrer dans les normes , ne pas toucher à mon corps , ne pas le salir , ne pas penser , pour ne pas abîmer cette petite tête bien faite , que l'on ne veut pas bien pleine . On profite de moi , et demain ce sera la même chose . On crêpera mes cheveux , tirera sur mon crâne , et je supporterai , pendant des heures assise , sur le compte de cette stupide beauté qu'il me faut étaler , devant tout les Autres jaloux , qui prendront malin plaisir à déchirer mes pages , à les accrocher au mur , petites adolescentes en quête d'un modèle parfait , petites adolescentes qui ne savent pas regarder au-delà de l'apparence , trois pots de maquillage étalés sur leur visage , grossièrement , pour dissimuler les traces , avoir l'air d'une grande , avoir l'air d'une top model , dans des jeans ultra-serrés , taille basse , nombril à l'air , corps sculpté , rêver d'une vie à paillettes , rêver d'être belle et connue , et regarder mon portrait sur le mur , dans leur petite chambre , adolescentes frustrées qui projettent leur vie , leur futur dans mes yeux , vides et fatigués . Je ne suis qu'un pantin , et elles me manipulent , ces adolescentes qui en redemandent , ces vieux pervers qui passent des heures à me reluquer . Douce tristesse , quelle beauté durement payée . On touche à mes courbes , à travers le papier , s'extasie de mon corps sans formes , de ma beauté extraordinaire , puisque mélange étrange d'un corps presque de garçon manqué et une féminité monstre qui se dégage de moi , il parait . Je suis derrière cette vitre , dans cette prison dorée , parée de vêtements de luxe , et mon regard est triste , vide , et fatigué .

 
Jeudi 26 Janvier 2006 à 23:20




Je suis l'attente . L'attente et l'imagination , l'imaginative , la folle . Je suis cette fille , qui sent ton parfum sur ce bout de tissu que tu as porté . Cette fille qui pense à toi . Cette fille que tu serres dans tes bras . Je suis cette fille qui t'aime , qui aime ce sourire que je peux lire dans tes yeux quand nous sommes Toi et Moi . Je suis cette petite fée entre tes bras , cette petite fille , ce bébé , cette regardeuse . Cette fille qui t'observe , et trouve le sommeil dans ton regard . Je suis cette fille qui voudrait s'endormir tout près de toi , cette fille qui rêve de toi souvent , qui te rêve auprès d'elle , autant que tu es près de moi , je m'attache m'accorche à toi , et ne te lâche plus , ne veut plus te lâcher , de peur de te perdre , de peur de ne plus savoir retrouver le chemin jusqu'à tes pas . Je suis l'invisible l'inexplicable mystère de Nous , cette folie étrange et douce qui s'est installée , ce regard amoureux etre nous deux . Je suis cette petite fille qui va s'endormir trop loin de toi , une fois de plus .

 
Jeudi 26 Janvier 2006 à 21:43


C'est bête , c'est imbécile , cette paranoïa qui s'installe au cours du temps , qui s'amplifie , que l'on doit canaliser . Cette envie imbécile de vouloir tout plaquer , de remettre tout en question , de vouloir taper contre un mur ou crier une bonne fois pour toutes ... Sans pouvoir sans remettre , toujours cette peur , cette angoisse qui grandit , vous saisit au coeur , ne vous lâche plus , une rengaine , un refrain , cette peur plus qu'inutile . Tellement incontrôlable aussi . Ce sentiment qui vous prend , qui s'accroche , sangsue posée sur le coeur , presque par vous , comme volontaire parfois , quand on se remet en question , on est le coupable , l'accusé et la victime . Je suis Tout à la fois . Et je suis ce sentiment qui se faufile dans mes pores , je suis ce sentiment qui s'attache à ma peau , la réchauffe d'angoisse , en dispose un peu partout , pour se reproduire , s'amplifier , le sentiment est là , comme un manteau de brouillard autour de moi . Il m'empêche de voir clair , m'empêche de voir . Trouble mes idées , mes envies , trouble tout autour de moi . Je suis cette paranoïa qui m'empêche d'être objective quand c'est justement le plus nécessaire . Je suis cette angoisse , ce liquide brûlant qui se déverse petit à petit , goutte après goutte sur mon front , me fait devenir folle . Je suis la folie , l'ivresse de ce liquide , j'en redemande , je suis folle . Les mots n'ont plus aucun sens , la folie l'ivresse le liquide , donnez-m'en , je veux tout , je veux lui je veux les mots je veux l'ivresse , sans respirer enchaîner les mots , les longues phrases , abandonner la douce indolence , la mollesse et la lenteur qui me fait si douce . Rester douce dans la folie . Prononcer des bribes de pensées , des bribes d'idées les unes à la suite des autres , ne pas réfléchir au sens que cela pourrait donner , aux sens qui s'éveillent en moi , mes papilles palpitent sous l'arrivée des mots sur ma langue , la salive s'effrite , prise au piège par cet envol , les phrases , les mots , plus de ponctuation tout se déverse , arrive au fond de ma gorge , se jette sur ma langue , et sort enfin , sans effort . Je suis la folie l'ivresse la magie l'indolence la douceur le parfum les sens la folie l'amoureuse la comprise l'incomprise le goût la folie la chaleur la peau le toucher la folie les baisers les caresses la folie l'amour la folie . Les mots se précipitent , par dizaines par milliers , ma gorge trop étroite amène embouteillage , les mots fous cachés dans mes tripes depuis si longtemps s'agaçent , ne comprennent pas , plus , jamais , pourquoi ?


S'arrêter là .