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Lundi 23 Juin 2008 à 00:45


Les images tremblent et s'animent dans un bruit de torpeur, au coin du feu, un homme réchauffe ses doigts salis par la vie, gelés par le froid glacial d'une nuit d'hiver. Des prostituées, sur les trottoirs, aux gueules d'anges et corps de diables. La noirceur d'une nuit de rue, la blancheur de la peur. Jeune fille, contre les murs, trébuche, sursaute un peu. Le monstre la regarde d'un peu trop près et la poursuit lorsqu'elle se sauve. Frayeurs inutiles, incessantes pourtant. Une aiguille dans son dos, abattoir, comment savoir, comment réussir à vivre encore. La sortie, si prohche, si loin d'ici, elle tombe et son corps se détache de toute réalité. Ramper jusqu'à ne plus comprendre, ne plus savoir qui l'on est. Au bout, la lumière des jours heureux, des jours passer à ramper. Les mots s'entassent. Le sommeil s'en va, comme une douleur qui s'atténue avec le temps, des murmures dans un tiroir de l'esprit, le cerveau se meurt, douleur muette, sourde. L'aube pointe le bout de son nez. Dans ma bouche, des bulles. La langue crépite. Devant mes yeux, la noirceur de l'âme humaine. Ils chuchotent et tressaillent. La jeune femme reste immobile, sur une table blanche, prête à se laisser mourir pour ne plus goûter au temps qui passe, à ces amours déchues, et ces passions futiles, ce corps qu'elle leur aura donné pour un peu d'argent, pour faire semblant de vivre encore un peu. La peur les tue, lâches. Les corps se meurent, mais l'esprit est parti depuis bien longtemps. Les mots s'entassent dans le vide d'un esprit dépourvu de sentiments. Les haches, l'abattoir. Décadence des capacités humaines.



Kill room.

 
Samedi 21 Juin 2008 à 01:02


Les images du passé reviennent en flash-back, et des idées étranges apparaissent. Un jour, sans doute, moi aussi, ces obsessions horribles qui pourrissent l'intérieur. Troublée. Ces choses qui dérangent, dérangée, trouver toujours une place pour chaque chose et chaque sentiment. Les sensations s'affolent, et mon coeur s'emballe, alors que la chaleur pointe le bout de son nez au début de l'été. Cet été différent. Les angoisses commencent. Sortir la tête par la fenêtre et hurler au monde que cette planète pue, qu'elle est sale et indigeste, que j'y perds le Nord. Ne pas oser se regarder en face, la peur du miroir, des lumières. Angoisses nocturnes de l'insomniaque aguérie. Faire semblant de guérir, alors qu'ils font semblant de comprendre, alors que les canettes de caféines s'entassent, près des draps, bien trop près. Comme des aiguilles sous la peau, le temps qui passe, des anguilles sur une horloge de gare, jaunie par le temps, jaunie par les commerçants. Oser se regarder en face. Oser s'endormir seule, sans bruit, en noir et blanc.


Les draps bougent un peu dans le noir, au rythme de vagues de vent. C'est la nuit. Nuit noire. Mes doigts dans la bouche, névrosée. Et si je m'endormais?


COUCHER SES NEVROSES.
JE REFUSE DE ME COUCHER.

 
Vendredi 20 Juin 2008 à 01:54


On aura beau lui trouver mille fois tous les défauts du monde, et toutes les imperfections possibles, j'aime son visage et la douceur de ses traits. Le calme de son regard, et sa sérénité. J'aime ce front trop grand, et ce nez pas bien droit. J'aime cette bouche trop large, et ces oreilles minuscules. J'aime les cheveux peroxydés, et la peau bien trop mate, ce rouge aux lèvres douteux, et ces sourcils trop fins. J'aime son grain de peau, et ses boucles dorées, j'aime la chaleur de son teint, et la couleur de sa voix. J'aime les chansons de fleur, et les filles rigolotes. J'aime les mamans poules, et les dames qui jurent. Elle a dans le regard la force et le pouvoir, d'une dame de haute prestance, et dans le sourire, l'amour d'une planète, la portant jusqu'à demain. Ses boucles tombent en flèche sur sa nuque hâlée, et toutes ces paillettes accusent ses yeux noisettes. Son front est lisse, aucune ride de colère, la sérénité d'une grande dame, d'une reine.


Prestige, prestance, un menton relevé, un caractère bien trempé.


Elle le regarde, du coin des yeux, fait semblant d'écouter quelqu'un qui ne l'intéresse pas vraiment, diners, cocktails, soirées, mots, et évènements futiles auxquels elle se doit d'assister. Mais elle le regarde profondément, et trouve dans cette vision la force d'affronter le diable et l'ouragan. La tempête passe doucement, elle touche sa robe un peu, pour passer le temps, pour se donner un air, une contenance autre. Qui la croirait au fond, à quoi servirait-il d'ouvrir la bouche un peu trop lorsque le visage dit tant. Ses joues étincellent l'amour, et les autres regardent de biais, fascinés. Drôle de femme dans la vingtaine, aux allures de vieille dame, et aux mots de gamine. Vécu l'horreur et la misère, vu ouragans, tremblements de terre. Mis au monde la perle de ses tripes, de leur amour plus que parfait. Et survécu à ces grands dîners. Elle lâche son regard un peu parfois, pour regarder autour, observer les mimiques des gens, trop répétées pour être vraies, pour être crues avec grande sincérité. Elle les connaît, les a vues jouer cent fois, sans conviction, les démasque aujourd'hui. Si souvent observé que les autres la croyaient muette, juste belle et tais-toi.



JUSTE BELLE ET T'ES TOI.

 
Vendredi 20 Juin 2008 à 01:41






Des secousses de réalité au détour d'une insomnie. Les jours se rallongent, et mes nuits s'amenuisent. Traits tirés de l'angoisse naissante de l'attente, et de la solitude pesante des jours sans ses bras. Des jours sans saveur, attendre encore son retour, mon départ, de nouvelles aventures au creux du hasard. Vivre la vie d'une grande fille dans une grande ville, de grands airs de tout de rien. D'insomnies au petit matin, écrire sans envie, sans trop de choses à te dire. Je doute. D'un certain talent, d'un talent certain qui me tuera à petit feu, à tours de bras. Les mots se perdent, et je leur cours après, je lis des histoires magiques de petites filles blondes extraordinaires. J'attends. Attendre, toujours attendre. Des années passent devant mes yeux, et la question est pourquoi. Ces années tuées sans mots, sans écrire, sans faire rien vraiment. La question de l'envie se pose encore, de l'attente, du talent.


Delta Charlie Delta: un air bleuté en fond de pupilles, mes yeux se ferment un peu, pas vraiment, la caféine me réveille, mon corps se tait, s'est tû, il y a des années de ça, juste quelques marques sous les yeux, bleutées aussi, signes de ce temps passé, perdu, pas pris. Les bulles crépitent sur la langue et le palais, alors que mon coeur crie au secours, le temps ralentit, et les battements aussi. Quelle était cette transe qui m'animait les jours passés, ces mots répétés chaque jour chaque nuit. La passion de l'art retrouvé. Réapprendre à se reconnaître comme celle qui écrit, celle qui a écrit un jour. Apprendre la durée.


Mode, style. Comment savoir lorsque l'endurance manque cruellement. Comment savoir si ce n'est que de la mode, ou bien du style. Toujours la question du talent qui me taraude, et me tranche la gorge bien fine, comme un mur qui s'écroule, et que doit-on vraiment croire, si l'identité même se nie. Ces mots, ils étaient moi, bien plus que le reste, qu'aujourd'hui, que demain, que les certitudes de pacotilles des biscuits chinois, bien plus que la vie, et l'importance des mots. J'étais cette écrivaine de la toile, et je tissais réellement. Aujourd'hui les toiles se brisent, et ne tiennent pas la distance. Comme un doute dans mon esprit essouflé.

 
Mercredi 18 Juin 2008 à 11:23

Dernier souffle. Un air familier, chante une chanson douce en fond de mon esprit. Les mots se perdent sous mes doigts, et les larmes me viennent aux yeux. Je suis vide si vide si vide puisqu'il n'est pas là. Se confronter à la réalité, rabaisser les barrières de l'autorité. Entre nous. Abaisser les barrières théoriques d'une vie en noir et blanc. Passive. Attentive. Experiences avec les mots. Les images me manquent.



Pulsions sensuelles. Retrouver les mots avec le plaisir de l'autre. Comment faire lorsque l'autre est absent, comment trouver, comprendre les mots qu'il faudrait dire. Le départ approche, les douleurs s'intensifient. Ma tension baisse au dedans, et lorsque je me lève, des vertiges. Sur un fil sur le vide, mon ventre me gratte, comme des pustules sur une peau trop douce. Se protéger de l'autre et de l'amour, se protéger des souffrances à venir. Je voudrais me marier, je voudrais un enfant, une maison et un chien, une pelouse trop verte, et une grande piscine. Je voudrais être nue, être belle. Etre l'épaule sur laquelle tu pourrais te poser.