
Les images tremblent et s'animent dans un bruit de torpeur, au coin du feu, un homme réchauffe ses doigts salis par la vie, gelés par le froid glacial d'une nuit d'hiver. Des prostituées, sur les trottoirs, aux gueules d'anges et corps de diables. La noirceur d'une nuit de rue, la blancheur de la peur. Jeune fille, contre les murs, trébuche, sursaute un peu. Le monstre la regarde d'un peu trop près et la poursuit lorsqu'elle se sauve. Frayeurs inutiles, incessantes pourtant. Une aiguille dans son dos, abattoir, comment savoir, comment réussir à vivre encore. La sortie, si prohche, si loin d'ici, elle tombe et son corps se détache de toute réalité. Ramper jusqu'à ne plus comprendre, ne plus savoir qui l'on est. Au bout, la lumière des jours heureux, des jours passer à ramper. Les mots s'entassent. Le sommeil s'en va, comme une douleur qui s'atténue avec le temps, des murmures dans un tiroir de l'esprit, le cerveau se meurt, douleur muette, sourde. L'aube pointe le bout de son nez. Dans ma bouche, des bulles. La langue crépite. Devant mes yeux, la noirceur de l'âme humaine. Ils chuchotent et tressaillent. La jeune femme reste immobile, sur une table blanche, prête à se laisser mourir pour ne plus goûter au temps qui passe, à ces amours déchues, et ces passions futiles, ce corps qu'elle leur aura donné pour un peu d'argent, pour faire semblant de vivre encore un peu. La peur les tue, lâches. Les corps se meurent, mais l'esprit est parti depuis bien longtemps. Les mots s'entassent dans le vide d'un esprit dépourvu de sentiments. Les haches, l'abattoir. Décadence des capacités humaines.
Kill room.










